dimanche 3 novembre 2013

Peut-on voir la cime de la montagne de déchets avant 2100 ? 
  

On parviendra sûrement au pic de déchets, on le dépassera inexorablement, mais le ferons-nous avant qu'il ne soit trop tard ? Voici la question à laquelle ont tenté de répondre Daniel Hoornweg, Perinaz Bhada-Tata and Chris Kennedy, les auteurs de cette nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature.

La plus vaste décharge du monde, à Jardim Gramacho située en banlieue de Rio de Janeiro, recevant 10.000 tonnes de déchets par jour.


Les déchets solides n'ont jamais été, de toute l'histoire de l'humanité, considérés comme une question primordiale nécessitant toute une science de gestion. Il faut dire que les hommes ruraux n'ont jamais compté parmi leurs rangs un nombre élevé d'individus, ils n'ont jamais eu de problèmes d'espace tant les plaines ont toujours été sans limites, et ils n'ont  par ailleurs eu à produire comme déchets que des matières organiques le plus souvent.

Mais l'avènement de l'ère industrielle a tout fait basculer. Les hommes ont vu leur niveau de vie considérablement s'améliorer, le taux de natalité a explosé, ils se sont retrouvés par conséquent de plus en plus nombreux, et leur consommation n'a cessé de grimper, surtout celle des produits manufacturés, emballés ou à l'obsolescence programmée.

Lors du siècle dernier la production a décuplé, et d'ici 2025 on s'attend à ce qu'elle redouble de nouveau.
L'homme urbain de nos jours génère 2 à 4 fois plus de déchets que son homologue rural.


Mais peut-on vraiment atteindre le pic de déchets avant 2100 ?

Le pic de déchets représente le moment où la production mondiale de déchets plafonne avant de commencer à décliner.
Ce pic rend compte d'une situation complexe qui dépend de plusieurs facteurs difficiles à prévoir.
Pour parvenir à déterminer le pic de déchets ou du moins à l'approcher, il faut tenir compte du taux d'urbanisation dans les populations à venir, de la croissance escomptée de leur niveau de vie et des réactions de l'homme vis-à-vis de tous ces changements. Mais le paramètre le plus déterminant à observer reste sans nul doute la trajectoire que suivra l'urbanisation en Afrique.


Existe-il des solutions (non chimériques) ?

Plusieurs villes dans le monde ont déjà entamé le chemin du changement. 
En Californie, la ville de San Francisco s'est fixée comme objectif  "Zéro déchet" d'ici 2020, par réduction et recyclage de ses déchets.
Au Japon, dans la ville de Kawasaki, l'amélioration des processus industriels a permis de réduire de 565.000 tonnes par an, la quantité potentielle de déchets générés.

Bea Johnson, une californienne qui  a décidé de mener l'expérience "Maison à Zéro déchets", elle tient dans ses mains la totalité des déchets que sa famille (4 personnes) a généré en 2012.  

Néanmoins, la réduction de ces immenses quantités de déchets produits passe par la sensibilisation des populations à la nécessité de réduire leur rythme de consommation et de se tourner vers des activités moins consommatrices de ressources.
Il est également nécessaire de promouvoir dans les pays africains, l'éducation, l'égalité des droits et un développement économique ciblé.


Et ce n'est qu'en accomplissant l'ensemble de ces efforts drastiques que l'urbanisation continuelle et la constante croissance de la population n'auront pas raison des réductions de déchets qui s'annoncent à l'avenir.



Sources
http://www.nature.com/news/environment-waste-production-must-peak-this-century-1.14032#/peak

Images
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